La rosée du matin

03 octobre 2009

Bienvenue !

   Je n'ai pas encore une idée trop précise du blog, je sais simplement qu'il devra refléter ma façon de concevoir le paganisme et de le vivre.

   Avant de lire ce qui suit, je tiens à préciser que ce qui est écrit ici n'engage que moi et qu'il ne reflète sans doute pas la communauté païenne francophone actuelle. C'est d'ailleurs en réponse à certaines choses lues sur la toile qui m'ont semblées aberrantes que j'ai voulu écrire ce blog. Libre à vous d'avoir votre avis, à chacun son libre arbitre...

  Je m'intéresse aux sorcières depuis toujours et c'est par leur intermédiaire que je suis arrivée jusqu'au paganisme à l'âge de 14 ans. Ce fut, comme pour beaucoup de païens, une révélation. Un peu comme si un nouveau monde s'ouvrait à moi. Ce premier contact avec le paganisme s'est fait avec la Wicca. Peu de temps avant ma majorité, je me suis détournée de la Wicca à cause de son manque d'authenticité. Depuis je suis en constante recherche : je me suis intéressée aux divinités du lieu où je vivais, au (néo)druidisme, à l'Asatru et aux enseignements de l'Edda poétique...  Je tâtonne beaucoup, sans arriver à me poser nulle part... Je reste cependant païenne avec une certitude : celle d'avoir foi en la Vie, qui pour moi est le plus grand des Mystères... je crois aux forces vives de la Nature et à celles qui nous animent, nous êtres humains. Ce blog est aussi né d'une volonté de "faire le point" sur mes croyances et mes connaissances...

   Je crois en la Terre-Mère... en les forces de la Nature. Mais pas en une divinité suprême féminine contrairement à beaucoup de païennes. Ayant fait des études d'archéologie, d'après moi l'on peut dire que dans toutes les cultures, on trouve des cultes de la fertilité... Mais de là à parler d'un matriarcat au néolithique, c'est une autre histoire. Les archéologues et ethnologues qui ont prôné cette thèse du matriarcat ne font pas l'unanimité et sont des féministes convaincues... Je pense qu'il faut prendre cette thèse du matriacat néolithique avec des pincettes, il est possible qu'elle n'est aucune réalité historique...
Selon moi la Grande Déesse peut être comprise comme un archétype de la féminité et de la terre nourricière. Le féminin sacré n'a de sens pour moi, que si l'on considère que le masculin est sacré lui aussi. Je suis païenne, mais pas féministe, les femmes donnent naissance, mais la Vie ne serait pas non plus possible sans les hommes. Et puis surtout... je suis pour l'équilibre, un principe antique, païen, qui me semble primordial.

   Le paganisme peut être perçu uniquement comme un refuge, un monde merveilleux qui nous fasse rêver dans lequel on puisse projeter ses fantasmes... 
Je préfère le voir comme une spiritualité ancrée dans le monde réel. Il s'agit plus d'une philosophie de vie que la clé d'un monde fantastique et ésotérique (NB : vous n'entendrez pas parler d'ésotérisme sur ce site)... Cela ne m'empêche pas de penser que le rêve, la méditation sont importants pour "déconnecter", nous ressourcer. La danse, la musique, le chant et tout ce qui fait appel à notre créativité sont d'après moi des manières d'accéder au divin.

Voici un reportage très intéressant sur le paganisme en Europe :

1ère partie

2ème partie

3ème partie
 

La prochaine fois, j'écrirai quelque chose d'un peu plus palpitant, promis !

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04 octobre 2009

Salutations au Soleil et à la Lune

   Ces salutations sont des adaptations de passages tirés du Carmina Gadelica. Il s'agit d'un recueil de poèmes, invocations et bénédictions venant du folklore gaélique écossais retransmis par Alexander Carmichael à la toute fin du XIXe siècle. Les deux traductions qui vont suivre sont tirées du livre Vivre la tradition celtique au fil des saisons de Mara Freeman.

Salutation au Soleil   

Salut à toi, soleil des saisons,
Quand tu voyages dans les hauteurs du ciel,
Forts sur tes pas sur l'aile des hauteurs,
Mère glorieuse des étoiles.

Tu sombres dans l'océan périlleux
Sans peur et sans mal ;
Tu te redresses sur la douce vague
Comme une jeune reine en
fleur.

   Les pieds nus enracinés, ancrés dans le sol, les bras levés face au soleil, l'esprit tourné vers le ciel. Sentir dans mon corps le lien entre la Terre et le Ciel.

   Fêter chaque jour nouveau.

 

Salutation à la lune

Salut à toi, joyau de la nuit !
Beauté des cieux, joyau de la nuit !
Mère des étoiles, joyau de la nuit !
Enfant que le soleil à nourri, joyau de la nuit !
Majesté des étoiles, joyau de la nuit !

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28 novembre 2009

Poèmes

La belle alanguie
Mûrit à la fraîche liqueur des torrents de Bélénos
La rosée de ses joues
Pétille et accroche l'ardeur de quelques êtres sylvestres
Au creux de ses reins
Gisent de lunatiques passions
Le Mont s'émerveille
De celle qui, étendue à son sommet,
Repose en neige éternelle
Enrunée de la tête aux souliers !

*

La muse au pieds nus

Lors de Samhain...

Elle est venue, vêtue des nuages
Brumeuse fleur d'orage
Fille de Mousse, Rune de Miel
Et sous la Lune rousse, défia le ciel
Les Lutins dans leur Ronde
Trouvant en elle une sombre reine
Accompagnent sa volte,
Spirale, abîme auquel sont suspendues...

...les étoiles.

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08 mars 2010

Tentative pour définir le paganisme

Le paganisme désigne les religions non-monothéistes. C'est à dire les religions polythéistes. A l'origine, le terme "païen" vient de "paganus" terme donné péjorativement par les chrétiens. On le traduit souvent par "paysan" mais en réalité il qualifie une personne étant du pays, un autochtone. En traduisant le terme paganus par paysan on pourrait croire que le paganisme était uniquement rural, ce qui est faux, le paganisme représente toute une civilisation préchrétienne. Sous l'antiquité, la religion était étroitement liée à la vie de la cité. C'était un phénomène collectif.

Le christianisme a essayé d'éradiquer le paganisme notamment par l'assimilation de fêtes païennes. Ainsi le solstice d'hiver,  fête païenne représentant symboliquement la renaissance du soleil, fut remplacée par Noel. La naissance de Jésus se substitua à celle du Soleil.

Aujourd'hui après 2000 ans de christianisme celui-ci semble à son déclin. Ses valeurs s'effondrent... Des valeurs païennes ressurgissent timidement.

Le paganisme n'est pas l'inverse du christianisme. Il serait faux de tenter de le définir en fonction d'une religion qui est tout simplement différente et ultérieure. Cependant il y a des antagonismes. Plus que des différences de culte, c'est surtout dans sa conception du monde que le paganisme n'a rien à voir avec le christianisme.  Pour les chrétiens, Dieu, puissance supérieure crée le Monde. D'un côté le créateur Tout-Puissant, de l'autre la créature. Le monde n'est qu'une création, fixée, figée une bonne foi pour toute en six jours. Dans la pensée antique, le monde c'est la "physis", terme grec qui désigne la croissance, l'engendrement, le mouvement... (Dans l'Odyssée, le terme "physis", traduit par "nature" en latin, désigne la capacité intrinsèque de croissance d'une plante).

Pour le paganisme, les choses sont en perpétuel mouvement, en constante évolution, chaque vie, chaque être participe à cette "poussée" universelle. L'être est acteur, il ne subit pas, il n'est pas passif.

Cette idée "créature vs physis" sous-tend quelque chose d'essentiel. Dans le paganisme le monde n'est pas la création d'une puissance supérieure et externe, il n'est pas un résultat. Il n'est pas créature, il est. Il n'a pas d'origine externe et ainsi ne dépend que de lui même. Il n'a pas de cause. Par exemple, le chrétien va dire "je crois que Dieu existe car quand je vois le monde si beau et si complexe, je ne peux m'empêcher de penser qu'il est le résultat d'une puissance supérieure. Le païen se dira "le monde a-t-il vraiment besoin d'une puissance supérieure et externe pour être si beau et complexe, ne peut-il pas tout simplement être beau et complexe en lui même. Parfait parce qu'il existe. J'entends par là que le monde est physis, non création. Il est une puissance existante. Pour mieux comprendre la Physis ou ce principe de nature qui s'engendre elle-même et n'a pas de cause, voici une définition intéressante :

PRIMIGÉNIE, Pkimigema : 1° la Fortune à Rome; 2° la Nature ou Physis chez les Orphiques; 3° Proserpine. — Ces trois applications au surnom de Primigénie, qui veut dire la première née, nous font voir que Proserpine, Imarmène, la Nature, diffèrent moins qu'on ne le croirait au premier abord, puisque toutes trois peuvent passer pour la révélation première de l'être irrévélé.(1)

La physis nous débarrasse du principe de causalité (cause - effet soit poule, oeuf, qui a donc créé la poule ??? un oeuf... ), principe chrétien puis rationnaliste très linéaire. La physis est mouvement perpétuel, spirale. La conception païenne du temps et de l'espace est cyclique. Qui peut trouver l'origine du cercle ? C'est sans doute parce que tout le paganisme, toute l'esprit païen est régi par un tel mouvement perpétuel donc cyclique que les antiques ont voulu voir le mouvement des astres comme cyclique et l'importance du cercle, cercle = le symbole du divin, de la perfection. Il le voyait partout dans le monde, car il voyait le monde sacré. A moins que ce soit l'inverse, ils voyaient le monde comme divin car régit par le mouvement cyclique.

Je reviens sur mon idée de départ : le miracle dans le monde est qu'il existe. La physis est un miracle. Il y a quelque chose plutôt que rien. (Plutôt que de se rendre fou avec la poule et son oeuf...). Selon ce principe de physis, les choses n'étant plus perçue comme cause-effet, plus dans la linéarité, mais dans une spirale un cycle je pense qu'ainsi les choses ne sont plus séparées. Une engendre l'autre mais elles reste liées. Alors que Dieu et sa création son deux choses différentes. Je vois dans la physis le monde qui s'engendre lui même chaque chose du monde est reliée. Cet notion de chose reliée est à vérifier. Mais ce doit être ça. Le contraire de physis, c'est "nomos", puissance ordonne le monde. "Nomos vient du verbe némo qui veut dire "opérer une division, un partageon le traduit d’ordinaire par « la loi », mais c’est aussi, plus précisément, ce que j’appelle le principe de vision et de division fondamental qui est caractéristique de chaque champ » (2).
A noter aussi que le suffixe -onomie vient de nomos, comme dans astronomie, économie.


Le principe de physis ne peut pas être compris de manière rationnelle. On peut le comprendre en réfléchissant mais pas avec ce principe de cause à effet car il y échappe lui même. Si vous ne vous êtes pas rendu fou avec la poule et l'oeuf vous pouvez encore le devenir en approfondissant ces idées en lisant Heidegger. Mais je pense que si vous m'avez suivi, Heiddeger ne vous apportera rien de plus qu'un bon mal au crâne, sauf si vous êtes passionné par la réflexion philosophique, je veux dire l'activité mentale, pas le sens que l'on peut retenir de ce genre de lecture... Aristote et les présocratiques compléteront aussi ce qui est écrit ici.

(1) Biographie universelle, ancienne et moderne. Partie mythologique.
(2)
http://www.homme-moderne.org/societe/socio/bourdieu/lexique/n/nomos.html

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15 mars 2010

La Terre... Terre vibrante, criante sous chaque pas. Pour qui sait écouter... La Terre qui, à chaque instant, nous porte et nous soutient. Qui nous nourrit et à laquelle nous retournerons. Notre origine et notre fin. Nos racines et notre avenir... Veille à la Terre. Lorsque tout semble s'effondrer, lorsque les murs s'écroulent autour de toi, souviens-toi : tu es libre. Alors, retourne à la Terre. Epouse-là, t'imprégnant de son odeur, de ses milles couleurs...

Terre amante et guérisseuse, dispensatrice d'ivresse !

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26 mai 2011

Dafydd ap Gwilym

Je publie ici des oeuvres du poète médiéval gallois Dafydd ap Gwilym qui réunit des thèmes qui me sont chers : la nature, l'amour et Dieu.
Ces poèmes sont origninellement écrits en gaélique, puis traduits en anglais et enfin en français. J'ai trouvé la première traduction dans le livre "Vivre la tradition celtique au fil des saisons" de Mara Freeman. J'ai traduit le deuxième poème à partir de la version anglaise trouvée sur le site : http://www.dafyddapgwilym.net/

 

Est-il vrai, fille que j'aime,
Que tu ne désires pas le bouleau, la forte plante de l'été ?
Ne sois pas nonne au printemps,
L'ascétisme n'est pas aussi bon qu'un buisson.
Et pour ce qui est de l'anneau et de l'habit,
Une robe verte ferait une meilleure ordination.
Viens au bouleau aux branches feuillues
A la religion des arbres et du coucou...

Ce fut adorable, fillette, d'unir nos vies,
Pour un moment, sous le bouleau.
Nous caresser, ce fut du plus plaisant,
abrités ensemble dans le bois retiré,
Nous mêlant comme le sable de la mer...

 

 


Invitation à Dyddgu


Fille parée de tous les dons
Dyddgu à la chevelure noire de soie,
Je t'invite au pré de Mynafon.
Une invitation fébrile n'est pas pour toi
Ce ne sera pas celle d'un glouton en sa tanière.
A celle qui est mon or, je ne promets rien
Si ce n'est un rouge-gorge et de l'hydromel ;
Un rouge-gorge brun au chant le plus doux
Et une grive de langue claire, plaisante.
L'ombre des taillis, et une chambre
de bouleau verdoyant, y'a t'il jamais eu meilleure maison ?
Tandis que nous serons dehors sous les feuilles
Nos bouleaux forts et beaux nous supporteront.
L'abri des oiseaux pour s'ébattre,
Un joli bosquet, c'est comme cela sera.
Neuf arbres admirables
Il en ait de toutes sortes :
Au dessous une voûte feuillue
Au dessus un clocher de verdure
Sous eux, plaisante demeure
Trèfle frais, manne du Ciel.
Un lieu pour deux
Ou trois, une heure, un instant.
Un lieu où vient le beau chevreuil des montagnes
Un lieu où un oiseau chante, c'est un bien bel endroit.
Un lieu où demeure le merle dru,
Un lieu où les arbres sont superbes, un lieu où grandissent les faucons.
Un lieu d'accueillantes maisons sylvestres,
Un lieu de maintes passions, le Ciel sur la Terre.
Un lieu où se trouve un palais verdoyant, un lieu où un froncement de sourcils est chose douce,
Un lieu près de l'eau, frais et lumineux.
Un lieu inconnu aux bois épais
Là cette nuit, fille aux couleurs de l'onde,
Allons, ma douce,
Allons-y, si nous allons quelque part, fille au visage rieur,
Ma belle aux yeux flamboyants.

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